Le Fonds Parisien pour l’Innovation (FPI) est souvent perçu comme une subvention “tech”, réservée à quelques initiés. En réalité, c’est surtout un dispositif exigeant, pensé pour accélérer des projets réellement innovants, déjà structurés, et capables de démontrer un impact clair.
Depuis sa labellisation par la Ville de Paris, Wacano accompagne régulièrement des entrepreneurs dans le montage de dossiers FPI. Avec le recul, une chose est sûre : ce n’est pas le projet le plus séduisant sur le papier qui passe, mais le plus cohérent, le plus lisible et le mieux cadré.
Voici les points clés à connaître – et à maîtriser – avant de vous lancer.
Le FPI, en clair : à qui s’adresse-t-il vraiment ?
Le FPI a remplacé le dispositif Paris Innovation Amorçage (PIA). Il vise à soutenir des projets innovants et à impact positif, portés par de jeunes entreprises, implantées à Paris ou en Île-de-France.
Pour être éligible, votre entreprise doit notamment :
- Être accompagnée par un incubateur labellisé FPI,
- Avoir un siège ou un établissement à Paris,
- Avoir été créée depuis moins de 3 ans,
- Disposer d’un socle financier minimum (fonds propres, capital social).
À l’inverse, certains signaux sont clairement rédhibitoires : dépendance à une maison-mère mature, aides R&D déjà importantes, levée de fonds récente trop élevée.
Le message est clair : le FPI s’adresse à des projets en amorçage, pas à des entreprises déjà financées lourdement.
Innovation et impact : deux notions souvent mal comprises

C’est souvent là que tout se joue.
L’innovation, au sens du FPI
Le FPI finance avant tout le développement d’une brique réellement différenciante : technologique, produit, usage, savoir-faire, voire business model. Un projet “classique”, même bien exécuté, aura peu de chances de passer. À l’inverse, un projet capable de démontrer ce qu’il apporte de nouveau marque des points.
Les secteurs prioritaires identifiés par la Ville de Paris (transition écologique, santé, innovation sociale, industries créatives…) ne sont pas obligatoires, mais ils renforcent clairement un dossier.
Le FPI cherche de l’impact… à la française

L’impact attendu par le FPI doit être direct et central au projet. Il ne s’agit pas d’un bénéfice périphérique ou d’un simple bonus.
Cette exigence va de pair avec un autre principe fort : le FPI soutient avant tout des projets ancrés en France. Le recours à des sous-traitants étrangers dans le cœur du programme d’innovation est incompatible avec le dispositif. Même en dehors du périmètre strict du projet financé, une externalisation significative à l’étranger peut constituer un signal défavorable pour Bpifrance et la Ville de Paris.
De la même manière, un impact indirect – choix de prestataires responsables, hébergement sur des serveurs “verts” ou bonnes pratiques internes – ne suffit pas. Le projet doit démontrer que son cœur de proposition crée un impact positif mesurable, qu’il soit social, environnemental ou sociétal.
Un principe clé : ne jamais dépendre du FPI
Le FPI n’est pas un filet de sécurité. C’est un accélérateur.
Votre dossier doit montrer que :
- Le projet existera avec ou sans la subvention,
- Le FPI permet simplement d’aller plus vite, plus loin, plus proprement.
Prototype, premiers clients, traction initiale : tout ce qui prouve que le projet est déjà en mouvement joue en votre faveur.
Dépenses, budget, programme : la clarté avant tout

Le FPI finance jusqu’à 70 % des dépenses éligibles, avec un plafond de 30 000 €. Dans les faits, viser un programme autour de 45 000 € est souvent le bon équilibre. Inutile de surcharger le projet. Mieux vaut une brique bien définie, avec des jalons clairs, des résultats attendus identifiés et des dépenses lisibles, qu’un programme trop ambitieux et flou.
Attention également à l’articulation avec d’autres aides : tout faire financer par le FPI peut bloquer des subventions futures. Mieux vaut découper intelligemment.
Le dossier FPI : rigueur, cohérence, lisibilité
Le fond compte, mais la forme aussi. Respecter scrupuleusement les templates fournis, rester synthétique, assurer une cohérence parfaite entre le deck, le budget et le plan de trésorerie : ce sont des prérequis, pas des détails. Et puis, après tout, les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail (gratuit !).
Un bon dossier est un dossier qui se lit facilement. Celui qui l’instruit doit comprendre rapidement ce que vous faites, pourquoi vous le faites et comment vous allez le faire.
Un dernier levier souvent sous-estimé : la relation Bpifrance

Votre interlocuteur Bpifrance n’est pas un simple contrôleur. C’est aussi celui qui portera votre dossier.
Échanger en amont, poser des questions, partager les avancées du projet – avant, pendant et après le programme – crée une relation de confiance qui peut faire la différence, notamment pour des financements futurs.
En résumé
Le FPI récompense des projets :
- Réellement innovants
- À impact direct
- Financièrement crédibles
- Clairs dans leur exécution
- Bien accompagnés
Si vous pensez être éligible, l’incubateur que vous rejoignez, plus qu’un espace de travail, joue un rôle clé dans la structuration du dossier.
Chez Wacano, nous accompagnons les entrepreneurs à chaque étape, avec une approche pragmatique, exigeante et alignée avec les attentes du dispositif.




